Spamm: Super Art Modern Museum

Posted on décembre 31, 2011

0


Un article de Sophian Fanen publié aujourd’hui dans l’édition imprimée (« Au portail du musée », payant) de Libération, reprend le contenu d’un précédent article disponible sous le titre « Spamm, le net art désirable« , en ligne depuis le 21 décembre 2011. Il attire l’attention sur une initiative des artistes Thomas Cheneseau et Systaime visant à créer un espace de visibilité pour une sélection de création numérique sur internet. Ce n’est évidemment pas la première fois qu’une communauté d’artistes du dit net art se mobilise pour promouvoir sa création (voir notamment le site Web LaFiac.com (ceci n’est pas la FIAC lancé en marge de la foire et le compte-rendu de Nicolas Frespech dans Poptronics, ou encore les initiatives curatoriales du site http://rhizome.org/ qui se présente comme un site d’archivage de la création numérique depuis 1999), mais la confrontation inévitable avec le Musée d’art moderne de la Ville de Paris que propose le site Web de Spamm par la reprise et l’inversion d’éléments de l’identité visuelle du site de ce musée  (voir captures d’écran ci-dessus), conduit ici le journaliste à rappeler d’autres initiatives – celles, éphémères, du Walker Art Center, à Minneapolis, du Guggenheim Museum à New York et de la Tate Gallery à Londres – et à évoquer utilement (dans la version imprimée) les problèmes de conservation que posent ce type de productions particulièrement fragile dans son maintien, étant donné que les missions du musée ne se limitent pas à la sélection d’oeuvres et à leur exposition, mais s’élargissent à leur préservation :

La Bibliothèque nationale de France, missionnée par les pouvoirs publics pour aspirer le réseau afin d’en assurer un archivage historique, a bien mené des recherches en faveur du Net Art. Mais ses moyens techniques sont insuffisants pour  conserver les images et programmes qui font fonctionner les pages web, ceux-ci étant hébergés sur des serveurs inaccessibles. Restent les initiatives des artistes eux-mêmes.

L’Allemand Robert Sakrowski a lancé Net.artdatabase (net.artdatabase.org), où il juxtapose deux vidéos synchronisées, l’une montrant une oeuvre de Net Art en temps réel, l’autre filmant les réactions d’un spectateur-utilisateur. Le Slovène Igor Stromajer va plus loin avec Expunction (Expunction.wordpress.com), où il a mis en scène, de mai à juin, la suppression de ses oeuvres en ligne devenues inactives, qu’il démonte en expliquant leur création et leur environnement technique. Elles sont ensuite mises à disposition dans une archive téléchargeable. La création est là, mais tronquée, isolée du monde virtuel auquel elle répondait.

Du temps où nous animions le groupe de réflexion Norma (2006-2009) sur la préservation des arts et médias variables, l’artiste Grégory Chatonsky avait lui-même suggéré que, face à ces difficultés, un premier élément de réponse pouvait résider dans la saisie d’une visite d’un site Web par un internaute, grâce à des logiciels de captation d’écran vidéo. Ce principe d’archivage audiovisuel semble aujourd’hui, devant la disparition croissante de sites Internet comme en raison des incertitudes sur l’avenir d’une technologie comme flash, très utilisée par les artistes, de moins en moins superflu.

Ressources :

Sophian Fanen, « Spamm, le net art désirable », Libération, [en ligne]. Publié le mercredi 21 décembre 2011. URL : http://www.ecrans.fr/Spamm-le-net-art-plus-propre,13752.html.

Spamm [en ligne]. Publié le 15 décembre 2011. URL : http://www.spamm.fr/

LaFiac.com (ceci n’est pas la FIAC) [en ligne]. URL : http://www.lafiac.com/

Illustrations :

Capture d’écran du site Web Spamm, , le 31 décembre 2011. URL : http://www.spamm.fr/

Capture d’écran du site Web du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, le 31 décembre 2011. URL : http://www.mam.paris.fr/

Publicités