Exposition : « Offline Art », il faut savoir réseaux garder

Posted on mars 2, 2013

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Un article de Marie Lechner, « Offline Art », il faut savoir réseaux garder, paru sur écrans le jeudi 28 février 2013, et portant sur l’exposition OFFLINE ART:  NEW2 dans la galerie parisienne XPO, attire l’attention sur certaines problématiques associées à la présentation d’oeuvres dites « numériques » au sein d’un espace d’exposition de type White cube, comme à l’évolution du modèle économique (toujours fragile, comme le savent les responsables de feu la galerie numeriscausa) :

Apparu au milieu des années 90, le Net-art proclamait qu’il n’avait pas besoin de galerie, de critiques ou d’institutions. L’un de ses attraits était que les artistes pouvaient contrôler eux-mêmes la diffusion des œuvres et s’adresser directement au spectateur via la fenêtre de son navigateur. C’est un art basé sur l’information et non autour de l’objet, où la notion d’auteur explose. L’idée même d’exposer le Net-art dans un espace physique était une anomalie, en contradiction avec sa nature et son esprit. Vendre une œuvre semblait tout aussi inapproprié « parce qu’il aurait fallu acheter le réseau avec », et de nombreux artistes rejetaient le marché de l’art. « Mais, entre-temps, le Web de nouveau médium est devenu un médium de masse, il s’est banalisé. Elle est loin l’ère où l’Internet tout entier tenait dans un livre de 400 pages », dit Olia Lialina — diva russe, pionnière du Net-art, qui fut aussi la première à créer une galerie d’œuvres payantes en ligne, Art. Teleportacia en 1998 — brandissant devant l’audience amusée un guide The Whole Internet daté de 1993, l’année justement où le navigateur graphique Mosaic ouvrit le Web au grand public.

[…]

Les œuvres présentées à XPO sont créées pour un navigateur, mais elles n’exploitent ni les hypertextes ni les connexions au réseau. Elles sont autonomes, peu importe qu’elles soient online ou offline. « Nous vendons le routeur et la clé USB, certains routeurs sont signés par l’artiste », s’amuse Philippe Riss, propriétaire de la galerie, qui dit vouloir expérimenter une« nouvelle économie de la collection à l’ère digitale ». Plutôt que de privatiser les œuvres (dont le prix oscille entre 800 et 7500 euros), plusieurs protocoles sont proposés : « Acquérir par exemple Dancing Girl d’Olia Lialina, GIF animé, et en ligne, c’est reconnaître le statut d’œuvre d’art de cette pièce, la faire entrer dans une collection. Acquérir l’œuvre de Kim Asendorf, c’est acquérir une œuvre de Net-art qui ne sera visible que via votre router… »

 

Ressources :

Marie Lechner, « « Offline Art », il faut savoir réseaux garder » in écrans. URL: http://www.ecrans.fr/Offline-Art-il-faut-savoir-reseaux,16024.html. Consulé le 01/03/2013.

Galerie XPO. URL : http://www.xpogallery.com. Consulté le  01/03/2013.

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